Sins of a Solar Empire: Rebellion – PC

3 mai 2013, par , Pas de commentaires

C’est à un puissant concurrent que s’en prend le studio Ironclad Games lorsqu’il fait éditer en 2008 par Stardock  Sins of a Solar Empire : le marché des jeux de stratégie spatiale était en effet dominé par la franchise Homeworld, qui a fait connaître le genre à une communauté certes assez restreinte dans l’ensemble du monde vidéoludique, mais tout de même acharnée. C’était sans compter sur l’aspect prétendument révolutionnaire du gameplay de SoaSE, qualifié de RT4X, un gameplay ayant permit au jeu d’établir sa propre niche dans le domaine des RTS spatiaux … et plusieurs années après le succès de SoaSE a permit à deux extensions (Entrenchment et Diplomacy) et un stand-alone (Rebellion) de voir le jour. Penchons-nous donc sur ce jeu au gameplay particulier, qui a été capable de susciter l’engouement de tant de joueurs et de critiques.

Avant d’évoquer plus avant le jeu, une chose doit être claire : Sins of a Solar Empire: Rebellion n’est ni plus ni moins que la version finale de SoaSE comprenant le jeu original, ses extensions et du contenu supplémentaire inédit, le tout amélioré au niveau des graphismes et de l’IA et ne nécessitant pas le jeu de base pour fonctionner. Obtenir Rebellion sans se préoccuper du jeu simple original et de ses extensions est donc tout ce qu’il faut afin de profiter du jeu dans son ensemble.

Durant 9.000 ans, l’Ordre Marchand a vécu un véritable Age d’Or, dans la paix et la prospérité la plus complète. La guerre était une chose du passé seulement abordée dans les livres d’Histoire et les films, les diverses routes marchandes reliant les mondes appartenant à l’Ordre abondaient de biens et de richesses en tout genre, et les vaisseaux de l’Ordre patrouillaient lesdites routes en permanence, assurant la sécurité de ses citoyens contre des bandes miteuses de pirates aisément éliminées. Tout période dorée a cependant une fin, fin s’étant augurée dans le cas de l’Ordre Marchand par l’arrivée d’une flotte de vaisseaux aliens appartenant à l’Empire Vasari. Profitant du désordre et de la confusion agitant le commandement de l’Ordre, qui n’avait pas fait face à une telle menace depuis bien plus de 10.000 ans, le colonialiste et esclavagiste Empire  conquiert monde après monde, pénétrant les défenses de l’Ordre tel un couteau chauffé à blanc dans du beurre. Ce n’est pas avant la création de la Coalition Marchande d’Urgence (la TEC, pour “Trader Emergency Coalition“) et l’unification des forces de l’Ordre sous une même autorité que ce dernier a été dans la capacité de répondre efficacement à la menace. 10 ans après, la guerre se trouve dans une impasse, et alors que la TEC se prit a espérer en finir avec le conflit, un nouvel ennemi surgit et établit un deuxième front, un ennemi exilé de l’espace Marchand il y a des milliers d’années de cela …

Les différents arbres de recherches sont des plus impressionnants et couvrent chaque aspect du jeu.

Les différents arbres de recherches sont des plus impressionnants et couvrent chaque aspect du jeu.

En l’absence d’une campagne scénarisée, cependant, le scénario ne sert qu’à donner un contexte à l’affrontement entre les trois factions composant l’univers de SoaSE : la TEC, les Vasaris et les Advents. Chacune des trois factions bénéficie bien entendu de ses forces et faiblesses. Alors que la TEC bénéficie d’une forte économie et de vaisseaux puissamment cuirassés afin de compenser pour la vétusté de ses technologies, les Advents disposent de boucliers extrêmement performants ainsi que d’un certain don pour la propagande et la propagation de leur culture, et les Vasaris ont à leur disposition une nanotechnologie à usages multiples ainsi qu’une technologie de phase dont l’utilité, particulièrement dans le domaine militaire, est certaine. Ces trois factions sont elles-mêmes divisées dans Rebellion en deux sous-factions, les Loyalistes et les Rebelles, chacune des deux sous-factions bénéficiant de quelques technologies et unités différentes de l’autre et favorisant un type de gameplay particulier. La TEC Loyaliste, par exemple, met l’accent sur la défense du territoire et dispose de technologies y aidant, alors que la TEC Rebelle, beaucoup plus agressive, peut bénéficier de vaisseaux pirates et s’allier avec la faction pirate que nous évoquerons plus tard.

Les pirates seront au gré du jeu de redoutables ennemis ou d'importants alliés selon qui allonge le plus de monnaie.

Les pirates seront au gré du jeu de redoutables ennemis ou d’importants alliés selon qui allonge le plus de monnaie.

Comme signalé plus tôt, SoaSE repose sur le principe du RT4X (pour “Real-Time eXplore, eXpand, eXploit and eXterminate“), c’est-à-dire qu’il mélange le dynamisme d’un jeu de stratégie en temps réel avec la profondeur d’un jeu 4X (type de jeu plaçant l’emphase sur le développement technologique et économique et permettant la victoire par plusieurs moyens non militaires, comme par exemple la série des Civilization). Le joueur devra donc étendre son empire sur une carte dont le choix est donné en début de partie, les différentes tailles allant d’un petit système solaire d’une dizaine de planètes à plusieurs systèmes de grande taille nécessitant une recherche technologique plus approfondie avant de pouvoir être entièrement explorés. Il dispose pour cela d’une interface intuitive qui ne sera pas de trop afin de garder un œil sur un empire de plus en plus grand au fil de la partie.

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Une carte de jeu. Notez les lignes colorées séparant certaines planètes, indiquant la propagation de la culture des empires.

Chaque joueur possède en premier lieu une planète-mère, des extracteurs sur les astéroïdes à proximité de la planète fournissant un faible approvisionnement en ressources, quelques structures orbitales de base et deux vaisseaux d’exploration, et a pour but de conquérir d’autres planètes et d’exterminer ou de s’allier avec les autres factions rencontrées en jeu, suivant les conditions de victoire de la partie en cours. Les bâtiments constructibles se divisent en deux catégories, Logistique et Tactiques, et chaque planète ne peut supporter qu’une certaine quantité de ces bâtiments dans ses alentours. S’étendre rapidement et efficacement deviendra très vite indispensable afin de s’affranchir de la faible quantité de ressources disponibles en début de partie et de disposer de place pour construire les installations nécessaires au développement technologique, économique et culturel de l’empire. Plusieurs moyens sont à la disposition du joueur pour cela, le plus simple bien connu des amateurs de jeux de stratégie restant la conquête militaire. La nécessité de construire une ou plusieurs flottes se fera ressentir assez tôt dans la partie, que ce soit pour avoir une force de défense flexible et adaptable à chaque situation ou tout simplement pour éliminer les quelques vaisseaux miliciens qui ne manqueront pas d’orbiter autour des planètes non colonisées. Une grande quantité de vaisseaux sont ainsi disponibles à la construction, la plupart spécialisés dans une tâche précise. Dans la TEC, par exemple, les frégates légères Cobalt sont des vaisseaux de bases à la puissance de feu moyenne, tandis que les portes-vaisseaux Percheron sont capables de lancer deux escadrons de chasseurs ou de bombardiers et que les croiseurs de commandement Cielo excellent dans la coordination entre vaisseaux par l’intermédiaire de leurs compétences activables. En plus des frégates et des croiseurs qui constituent le gros de la flotte, d’énormes vaisseaux amiraux sont également disponibles à la construction en quantités limitées, eux aussi spécialisés et indispensable à toute flotte digne de ce nom non seulement pour leur puissance de feu redoutable et leur résistance mais également pour leurs capacités activables susceptibles de donner l’avantage lors d’une bataille si elles sont correctement utilisées. Enfin, Rebellion ajoute par rapport au jeu de base un vaisseau ultime, le Titan, capable à lui tout seul de tenir tête à une flotte de taille moyenne et ne pouvant être possédé qu’en un seul exemplaire à la fois par chaque joueur.

Les batailles spatiales peuvent vite devenir assez impressionnantes suivant la taille des flottes engagées.

Les batailles spatiales peuvent vite devenir assez impressionnantes suivant la taille des flottes engagées.

Le joueur plus défensif ne sera pas en reste, le stand-alone Rebellion comprenant les ajouts défensifs apportés par l’extension Entrenchment. En plus des plates-formes défensives Gauss du jeu de base, améliorables de manière plus poussée dans l’extension, le joueur a également accès à de gigantesques stations stellaires nécessitant une préparation importante et une grande puissance de feu afin d’être détruites. De nombreuses options diplomatiques sont également disponibles, avec la possibilité de proclamer un cessez-le-feu ou une alliance avec une autre faction, ou même un pacte aux effets particuliers parmi une liste de pactes disponibles suivant les relations entre les deux parties. Il est également possible d’étendre sa culture aux planètes environnantes, ce qui a pour effet d’augmenter les revenus de ces planètes dans le cas d’un empire allié ou de son propre empire ou de les diminuer, voire de pousser la planète à la révolte dans le cas d’un empire ennemi. Enfin, si l’économie du joueur le permet et si celui-ci ne se sent pas sûr de sa propre capacité à éliminer son adversaire, l’option de poser une prime de manière anonyme pour chaque vaisseau détruit lui appartenant existe, ce qui a pour effet non seulement de pousser les autres joueurs à le prendre pour cible, mais aussi de le mettre dans le collimateur de la faction pirate contrôlée par l’IA … S’ajoute à cela la présence d’un marché noir permettant l’échange de ressources à un taux variable s’adaptant aux transactions effectuées par l’ensemble des empires et aux propositions faites par le joueur, ainsi que de multiples arbres de recherches couvrant chaque aspect du gameplay en profondeur, et vous avez une idée de la complexité offerte par le jeu.

De nombreuses options diplomatiques sont disponibles, à condition d'avoir les relations nécessaires à leurs réalisations.

De nombreuses options diplomatiques sont disponibles, à condition d’avoir les relations nécessaires à leurs réalisations.

En dépit de cela, SoaSE n’est bien évidemment pas exempt de défauts. La complexité même du jeu, notamment, a tendance à créer des parties à rallonge, ce qui peut passer en solo contre l’IA mais peut devenir problématique en multijoueur. Le jeu lui-même n’est pas disponible de manière officielle en français. Enfin, bien que le prix de prix de 29.99 euros soit correct dans le cas d’un premier achat de Rebellion, le contenu rajouté par rapport au jeu normal et ses deux extensions ne justifie peut-être pas de devoir racheter un stand-alone quand on possède déjà le jeu de base, sauf peut-être pour les nouvelles conditions de victoire.

 

 

En conclusion

16/20 Graphismes : Pour un jeu de stratégie à l’échelle aussi importante, le niveau de détail apporté aux graphismes est étonnamment poussé. Les planètes sont assez agréables à regarder, et les effets de lumières plutôt réussis, donnant une véritable ampleur aux batailles spatiales, surtout si l’on zoome plus précisément sur l’action. Le jeu en lui-même est bien optimisé et capable de tourner sur des PC assez modestes si l’on règle correctement les options, mais les réglages les plus élevés restent tout de même assez gourmands.

15/20 Bande-son : La musique possède par moment un petit côté “Guerre des Etoiles” qui colle bien avec l’ambiance. Elle est de bonne qualité et s’adapte à ce qu’il se passe à l’écran, que ce soit une vue à grande échelle de l’ensemble de la carte ou un plan rapproché sur une bataille spatiale. Les bruitages eux-mêmes sont tout à fait réussis.

18/20 Jouabilité : Le jeu est riche et complexe, et pourtant raisonnablement simple à prendre en main. Le maîtriser véritablement prendra cependant plus de temps et sera plus difficile, mais inutile d’en arriver jusque là pour profiter pleinement du jeu et en tirer du plaisir.

15/20 Durée de vie : La durée de vie est peut-être trop importante. Le jeu offre une grande rejouabilité et sera susceptible d’accrocher d’autant plus le joueur qu’il prend en charge les mods, mais une partie peut devenir interminable suivant la taille de la carte et le nombre de joueurs, ce qui est problématique en ligne. La possibilité d’accélérer le déroulement de la partie compense cependant partiellement.

15/20 Multijoueur : Le nombre de cartes est très important, les cartes elles-même variant selon la quantité de planètes et de systèmes solaires ainsi que la disposition des ressources et leur présence ou rareté. Tout type de jeu et de partie est ici couvert et les plus grandes cartes peuvent accueillir jusqu’à 10 joueurs.

 Note finale : 17/20

Sins of a Solar Empire est un jeu complexe qui n’a cessé de s’enrichir au fil du temps, et Rebellion en est le résultat final. Un must have pour tout amateur de stratégie spatiale et un excellent jeu dans sa forme basique, le joueur le trouvera d’autant plus intéressant par sa prise en charge des mods et l’existence de véritables perles créées par la communauté.

A propos de l'auteur:

Joueur vétéran, particulièrement sur PC. Créateur de guides vidéos en français sur Youtube. Aime particulièrement les RPG, la SF, la Fantasy et la vanille. OS : Windows 7, Processeur : Intel Core 2 Quad CPU Q8300, Carte Graphique : AMD Radeon HD 6800 series, Mémoire vive : 6go

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