Killing Floor – PC

9 mars 2013, par , Pas de commentaires

Développé par Tripwire Interactive, Killing Floor a suivi un chemin semblable à celui d’autres titres plus ou moins connus sortis sur Steam, tels Counter Strike ou la série des Red Orchestra (ces derniers ayant d’ailleurs également été développés par Tripwire Interactive). A l’origine un mod multijoueur pour Unreal Tournament 2004 sorti en 2005 et crée par une équipe de développeurs sous la direction d’Alex Quick, ce survival en coopération a vu sa version stand-alone sortir 4 ans plus tard sur Steam, cette fois développée par Tripwire Interactive avec l’assistance de l’équipe originale. Peu après sa sortie, le jeu s’est retrouvé en tête des ventes sur Steam pendant un certain temps et a gagné plusieurs récompenses, signe de l’engouement qu’il a suscité chez les joueurs. Mais que vaut vraiment le jeu ?

L’action se passe au Royaume-Uni, à Londres. Une entreprise de biotechnologie appelée Horzine Biotech reçoit un contrat de nature militaire afin de réaliser des expérimentations sur des sujets humains, expérimentations incluant clonage et manipulation génétique. Tous les ingrédients pour une catastrophe sont réunis, et ça ne loupe effectivement pas : au fur et à mesure que le temps passe, les sujets développent d’horribles malformations et deviennent de plus en plus agressifs, jusqu’à déborder l’équipe de sécurité interne de l’entreprise et sortir des installations d’Horzine avant de commencer à dévorer les habitants de Londres et des villes alentours. Pour couronner le tout, le chercheur à la tête du projet, Kevin Clamely, se retrouve lui aussi muté. A la tête de la Horde et appelé le Patriarche, il projette d’envahir d’autres pays par delà les mers.

Quand on se retrouve si près du Patriarche, c'est généralement qu'on est mort.

Quand on se retrouve si près du Patriarche, c’est généralement qu’on est mort.

C’est dans ce contexte apocalyptique que les joueurs se retrouvent en équipe à tenter tant bien que mal de repousser vagues après vagues de monstruosités sur une grande quantité de cartes proposant des environnements assez variés, allant d’une ferme perdue en pleine cambrousse à une zone urbaine en plein Londres en passant par une route de montagne ou même des cartes plus décalées, telles qu’une salle de test d’Aperture Science de la série Portal. Ces cartes sont également assez variables en terme de taille, ce qui peut parfois avoir l’inconvénient de pousser non seulement les joueurs à s’éparpiller, mais aussi les ennemis, rendant leur élimination plus facile et pouvant également poser des difficultés lorsqu’il s’agit de trouver les derniers monstres de la vague. Le scénario, succinct et guère plus qu’un prétexte pour défourailler du mutant, se dévoile surtout par l’intermédiaire des textes de background accompagnant chaque carte, textes toutefois bien écrits et généralement remplis d’humour noir.

Les décors sont glauques à souhait.

Les décors sont glauques à souhait.

Le déroulement d’une partie est simple : les joueurs commencent tous au point d’apparition de la carte jouée avec un pistolet 9mm, un couteau, une seringue médicale au contenu rechargeable mais virtuellement illimité et un outil de soudure permettant de verrouiller les portes de la carte. Une première vague d’ennemis relativement faibles se jette alors sur l’équipe, qui devra faire de son mieux pour éliminer chaque monstre jusqu’au dernier, chaque mutant tué rapportant de l’argent au joueur à l’origine du coup fatal. Une fois la vague terminée, et après une courte pause, une deuxième vague plus puissante que la précédente tentera sa chance contre l’équipe, et ce jusqu’à ce que tous les joueurs soient décimés ou que la dernière vague soit atteinte. Un joueur mourant lors d’une vague réapparaîtra sans son équipement à la suivante pour peu que ses coéquipiers parviennent à terminer la vague en cours. L’équipe de joueurs sera alors finalement opposée au Patriarche, un mutant extrêmement puissant qui nécessitera la participation de tous les joueurs afin de l’éliminer, et sa mort accordera enfin la victoire à l’équipe. Un ralenti non contrôlé appelé Zed-Time survient parfois après une action particulièrement impressionnante, tel un tir à la tête hasardeux ou une série d’éliminations.

Et encore, ils sont moches rien qu'à cette distance. Je vous dis pas quand ils vous plantent leurs dents dans le cou.

Et encore, ils sont moches rien qu’à cette distance. Je vous dis pas quand ils vous plantent leurs dents dans le cou.

Les rangs des Spécimens, en excluant le Patriarche, comptent neufs types de mutants différents aux fonctions diverses et à la résistance croissante, allant du Clot faible est lent mais capable d’immobiliser le joueur aux Scrakes équipés de tronçonneuses et pouvant atteindre une grande vitesse, en passant par la Siren et son cri capable d’infliger de gros dégâts sur une grande zone. Le bestiaire est donc varié et parvient de manière étonnamment efficace à accorder une place extrêmement importante à chaque type de monstre, même les plus faibles. Alors qu’un Clot seul n’est absolument pas dangereux, une horde de ces créatures est tout à fait apte à isoler un joueur, à le bloquer tout en lui infligeant d’assez gros dégâts et à permettre à leurs alliés plus puissants d’asséner le coup fatal. De la même manière le fragile Crawler, particulièrement difficile à toucher à cause de sa petite taille, n’est guère plus qu’une nuisance pour un joueur possédant toute sa vie mais devient bien plus dangereux pour un autre en fuite grâce à ses bonds rapides lui permettant de le rattraper. Chaque ennemi représente un danger à part entière, particulièrement quand leurs forces sont combinées lors d’une vague avancée dans la partie, et se faire piéger par une horde ou même seulement frapper par l’un des plus puissants mutants équivaudra à une mort quasi certaine. Les joueurs devront donc unir leur forces afin d’empêcher un maximum que les Spécimens n’approchent du groupe.

Plusieurs moyens sont à la disposition des joueurs afin d’assister leurs alliés : en plus de leurs armes, les joueurs disposent donc d’un outil de soudure permettant de verrouiller les portes afin de ralentir temporairement l’avancée ennemie et d’une seringue médicale permettant de soigner leurs alliés. Des spécialisations sélectionnables existent également, s’améliorant au fur et à mesure que des conditions sont remplies au cours des différentes sessions de jeu. Sept spécialisations existent : Field Medic (soigne plus rapidement et efficacement ses coéquipiers), Support Specialist (adepte des fusils à pompe et particulièrement efficace au soudage de portes), Sharpshooter (tireur d’élite redoutable avec des armes de précision, particulièrement quand il s’agit de tirer à la tête), Commando (féru des armes d’assauts à répétition), Berserker (particulièrement résistant et ayant une préférence pour le corps-à-corps), Firebug (utilisateur d’armes incendiaires en tout genre et lui-même résistant aux flammes) et Demolition (particulièrement doué avec tout ce qui est explosif). Six niveaux existent pour chaque spécialisation, les bonus procurés augmentant avec chaque niveau, les derniers débloquant également d’intéressant bonus tels que la possibilité de débuter une session avec une certaine arme dépendante de la spécialisation choisie. Les conditions afin de monter de niveau changent avec chaque spécialisation, allant d’un certain nombre de tirs à la tête pour les Sharpshooters à un certain nombre de points de vie soignés au total pour les Fields Medics. Outre le degré de rejouabilité offert par ces différentes spécialisations, il est à noter qu’en monter ne serait-ce qu’une seule à fond demande énormément de temps, beaucoup trop en réalité.

Le choix de la spécialisation. Prenez le reste de l'équipe en compte.

Le choix de la spécialisation. Prenez le reste de l’équipe en compte.

Évidemment, repousser une dizaine de vagues de ce genre de créatures avec seulement un 9mm et un couteau se révèlerait particulièrement difficile, même à plusieurs. C’est là que l’argent gagné à chaque ennemi tué entre en jeu. Après chaque vague réussie, une courte pause permettra aux joueurs de se rendre chez un marchand dont la position sur la carte est déterminée aléatoirement à chaque vague parmi une sélection de zones d’apparition. Ce marchand vend des munitions, des grenades et un gilet de protection, mais surtout des armes, chacune faisant partie d’une catégorie particulière (telles les armes de précision, les armes à répétition, les explosifs …). Certaines armes possèdent également des fonctions spéciales, comme par exemple des tireurs de fléchettes médicales permettant de soigner ses alliés à distance, et toutes ont leurs  forces et leurs faiblesses, permettant plusieurs styles de jeu. Chaque arme possède également un poids, réduisant la vitesse du porteur au fur et à mesure qu’il transporte de plus en plus d’armes et l’empêchant également d’en prendre plus qu’il ne peut en porter. La grande quantité d’armes disponible assure chaque joueur qu’il trouvera celle qui lui correspond.

Ak-47 ou M4 ?

Ak-47 ou M4 ?

Le jeu n’est cependant pas exempt de défauts. Le gameplay souffre ainsi d’une certaine répétitivité à terme, le jeu se basant toujours sur le même principe de lutter contre des hordes de Spécimens vague après vague, même si les spécialisations, le nombre important de cartes (officielles ou faites par la communauté) ainsi que la grande panoplie d’armes disponibles permettent de lutter contre le phénomène. Là où le jeu pèche cependant clairement, c’est au niveau graphique. Les graphismes, bien que parvenant à rendre une atmosphère glauque, sale et post-apocalyptique, ne sont clairement pas les plus beaux de l’époque. Les animations, surtout, sont saccadées et assez mal fichues, les ennemis semblant parfois plus glisser que marcher sur le sol, et les explosions ne sont guère plus qu’un peu de fumée assez mal rendue. Les hitboxes ennemies semblent également parfois capricieuses, certains tirs visant clairement la tête n’obtenant pas l’effet escompté.

En conclusion

Graphismes : 12/20

L’ambiance post-apocalyptique est bien rendue, pour ça y a pas de doutes, les modèles ne sont cependant pas aussi détaillés qu’ils le devraient, particulièrement ceux des joueurs. Les animations sont quand à elles assez passables.

Bande-son : 13/20

La VF est ignoble, que ce soit en termes de voix ou parfois même de pure traduction. La VO, quoique toujours maladroite, passe bien mieux. Les bruitages sont corrects, ainsi que les musiques, pas grand chose à dire de ce côté-là.

Jouabilité : 16/20

Le gameplay est plutôt pointu et fouillé dans son genre. Le principe des spécialisations diversifie celui-ci. Le seul véritable défaut qu’on puisse lui reprocher est celui des hitboxes parfois un peu aléatoires.

Durée de vie : 14/20

Les spécialisations augmentent indubitablement la durée de vie, quoique l’obtention d’un seul niveau 6 est beaucoup trop long. Le nombre de cartes est plus qu’honorable et l’arsenal apte à occuper le joueur un long moment. Comme cela a cependant déjà été signalé, le genre survival du jeu l’expose bien sûr à une certaine répétitivité qui nuit à la durée de vie.

Scénario : 13/20

Le scénario n’est guère plus qu’un prétexte pour un jeu de shoot survival. Les quelques extraits de textes en traitant dans les descriptions des cartes et des personnages, cependant, sont particulièrement bien écrits et bourrés d’humour noir.

Multijoueur : 15/20

Stable et efficace, il y a peu de choses à dire de ce côté là. Chaque session est paramétrable en profondeur. Le maximum de joueur par partie est normalement de 6, mais certains serveurs moddés offrent une capacité plus élevée.

Note finale : 14/20

En dépit de ses graphismes lacunaires, Killing Floor est un jeu très distrayant et extrêmement complet dans son genre qu’est le survival. Ses nombreux modes de difficulté et le suivi constant  des développeurs pour plus de contenu garantissent un bon moment au joueur, surtout si il tente l’expérience avec des amis et un micro.

A propos de l'auteur:

Joueur vétéran, particulièrement sur PC. Créateur de guides vidéos en français sur Youtube. Aime particulièrement les RPG, la SF, la Fantasy et la vanille. OS : Windows 7, Processeur : Intel Core 2 Quad CPU Q8300, Carte Graphique : AMD Radeon HD 6800 series, Mémoire vive : 6go

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