Darks Souls : Prepare to Die Edition – PC

1 février 2013, par , Pas de commentaires

Faisant une apparition sur PC environ un an après sa sortie console, Dark Souls nous vient avec un contenu enrichi et il est attendu de lui qu’il apporte toute la difficulté et l’expérience hardcore attendu du digne titre de successeur spirituel de Demon’s Souls dont il se réclame. Il a cependant fallu un combat acharné de la part des joueurs PC et une pétition pour convaincre Namco Bandai d’effectuer le portage. Dark Souls répond-il aux attentes des joueurs et aux objectifs fixés par les développeurs ? Que vaut le portage PC du titre face à la version console ?

Un scénario distillé au compte-goutte

L’histoire se déroule sur les terres de Lordran, c’est-à-dire dans un monde différent de celui de Demon’s Souls, et l’histoire est tout aussi différente. A un Age Sombre remontant aussi loin que la création du monde, celui-ci était un désert froid, mort et stagnant, dominé par d’immortels dragons. Puis le Feu apparu, sa chaleur annonciatrice de vie et de changement dans le monde, et certains êtres y trouvèrent les Âmes des Seigneurs. Ces êtres étaient Nito le premier des morts-vivants, la Sorcière du Chaos et ses filles, Lord Gwyn et un certain pygmée oublié des légendes (non, pas Gollum). S’ensuit alors une guerre entre ces nouveaux Seigneurs et les dragons, s’achevant par la victoire des Seigneurs et l’avènement des Hommes et d’un nouvel âge, l’Age du Feu. Cependant, avec le temps la Flamme commença à faiblir, et les morts-vivants devinrent nombreux, porteurs d’une Marque Sombre et condamnés à se changer en Carcasses, coquilles vides dénuées d’âme. C’est dans cet état de mort-vivant condamné que vous commencez le jeu, enfermé dans la cellule d’un asile dans lequel vos congénères sont entassés jusqu’à leur inéluctable transformation en Carcasse.

Nito. Sans grande surprise, il n'avait que peu de succès au bal de fin d'année de son ancien lycée.

Nito. Sans grande surprise, il n’avait que peu de succès au bal de fin d’année de son ancien lycée.

Ces évènements, racontés dans la cinématique d’introduction du jeu, sont à peu près les seuls qui vous seront contés clairement, et encore comme vous avez pu le constater en lisant ceci le terme « clair » est relatif. Le joueur est amené à reconstituer lui-même l’histoire du monde dans lequel il se trouve en discutant avec des PNJ vous donnant au compte-goutte et de manière sibylline des objectifs ou des informations sur l’univers de jeu, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils semblent littéralement terrorisés par la notion de clarté. Il s’agit d’un genre que l’on peut aimer ou pas mais qui rend bien avec l’ambiance déprimante du jeu et le caractère désillusionné des PNJ, néanmoins. Car en effet, il n’y a pas une once d’espoir dans Dark Souls. Les gens de votre espèce sont condamnés à long (ou plutôt très très court) terme, et on ne se gêne pas trop pour vous l’envoyer en pleine face. Les PNJ sont pour la plupart léthargiques et désespérés, se raccrochant à des illusions ou sombrant dans la déprime la plus noire. Même les personnages les plus joviaux ont un certain air désabusé et/ou un trait de caractère les ramenant au thème principal du jeu qu’est la déprime et la solitude.

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Ca ? Un ennemi normal.

 

Cette absence d’éléments permettant d’accrocher une histoire claire et des buts précis à votre personnage a néanmoins un effet bénéfique : l’histoire passe en second plan, et vous aurez alors le champ libre pour gémir de plaisir, tel le sadomasochiste inavoué que vous êtes pour avoir acheté ce jeu, sous les coups de vos ennemis qui ne seront vraiment, vraiment pas tendre avec vous.

Un jeu difficile, mais reposant sur une mécanique précise

L’outil de création de personnage est simple, mais assez efficace. On vous demande de donner au pauvre mouton humanoïde que vous amènerez sans scrupules à l’abattoir un nom, un sexe, une corpulence, un don (un objet de départ, allant de la bombe incendiaire au set de passe-partout en passant par un pendentif inutile, du moins si on se réfère à la description), une classe, une coupe de cheveux, une couleur de cheveux/d’yeux et un visage présélectionné que l’on peut parfaire soi-même suivant des options avancées assez nombreuses. Les visages en eux-mêmes sont assez laids par rapport à ce qui se fait de nos jours, mais ce n’est qu’un détail sans grande importance. Quand à la classe sélectionnée, elle modifiera d’abord la répartition primaire de vos points d’attributs. Cependant cet effet n’a pas d’importance, le joueur ayant un contrôle total sur l’orientation que prendra son personnage par la suite. L’intérêt principal du choix de la classe vient de l’équipement de départ, qui sera différent pour chacune d’entre elles. Sélectionnez Mendiant pour les larmes les plus salées en début de partie.

L'outil de création de personnages. Simple, mais suffisant.

L’outil de création de personnages. Simple, mais suffisant.

Dark Souls est indéniablement plus difficile que la plupart des jeux auxquels un joueur de base joue de nos jours. Les ennemis sont généralement coriaces, frappent fort et ne vous feront pas forcément l’honneur d’un duel amical à un-contre-un. Pendant qu’on y est, achetez une manette et oubliez le clavier pour ce jeu. Vraiment.

Face à un adversaire prêt à frapper, le joueur astucieux pourra bloquer, parer ou esquiver, chacune de ces options possédant ses avantages et inconvénients. Toutes ces manœuvres ne seront pas de trop afin de survivre (ou plutôt de mourir moins souvent) dans le monde cruel de Lordran. La mécanique de combat précise et l’observation de vos adversaires vous permettra après maintes et maintes défaites de vous débarrassez d’eux. En effet, même si certains passages et boss sont frustrants au possible, voire parfois injustes, une analyse des coups et mouvements de vos adversaires permet à terme de prévoir leurs attaques et d’y répondre plus efficacement. Plus que véritablement difficile, le jeu est impardonnable. Il s’agit du système du jeu, l’adaptation de la stratégie à votre adversaire et un certain sens tactique se développant après une série d’échecs et de morts afin d’obtenir finalement la récompense suprême, sous la forme d’objets plus puissant, d’un bon paquet d’âmes, voire d’une âme spéciale permettant de créer certaines armes uniques. Cela s’applique cependant surtout aux combats à un-contre-un, et Dark Souls ne se limitera pas à ça. Oh non.

Le premier boss du jeu. Le premier ennemi du jeu, en fait.

Le premier boss du jeu. Le premier ennemi du jeu, en fait.

Comme le talent ne fait pas tout non plus, Dark Souls possède comme tout RPG qui se respecte un système d’expérience et d’attributs. Plus précisément, chaque ennemi vaincu vous laissera absorber une certaine quantité d’âmes, servant à la fois de monnaie et d’expérience à dépenser. Vous voudrez planifier soigneusement vos achats, et déterminer si l’achat de ce badelaire vaut le(s) point(s) d’attribut(s) que vous ne pourrez pas obtenir dans l’immédiat à sa place. Ces attributs couvrent de nombreux aspects : le nombre de points de vie ou d’endurance, l’efficacité des sorts, le nombre de sorts pouvant être équipés simultanément sur votre personnage … Couplé avec un système d’upgrade complet et très varié de votre équipement, à un vaste choix d’armes aux caractéristiques et à la maniabilité différente ainsi qu’à une importante quantité d’armures, cela devrait vous permettre de survivre un peu plus longtemps, que ce soit contre les ennemis ou le level-design parfois brutal et propice aux pièges ou aux mauvaises chutes. Prudence tout de même, le grobillisme se paie : le poids des objets équipé à une influence directe sur votre maniabilité, et votre capacité à survivre sera grandement réduite si votre personnage en est réduit aux roulades de tonneau.

Après l’effort, le réconfort : le jeu est ponctué de feux de camp, dont la découverte et l’allumage représente déjà en soi une petite victoire. Ces feux soignent votre personnage et font office notamment de zones de dépense d’expérience et de plein d’autres petites options se débloquant au fur et à mesure de l’aventure. L’une de ces options, disponible très tôt dans le jeu, est la possibilité de redevenir humain. En effet, vous êtes un mort-vivant, un cadavre ambulant, et être mort présente ses contrariétés. Ainsi, redevenir humain et vivant débloque des options online plus avancées et augmente vos résistances. Redevenir humain est possible par le biais d’un gain d’Humanité, objets pouvant se gagner de différentes manières, généralement par l’élimination d’un boss ou d’un joueur envahisseur online.

Un portage bancal et un multijoueur très imparfait

L’aspect online du titre se veut révolutionnaire. La possibilité de laisser des messages aux autres joueurs, de les visionner et de les noter est effectivement un principe assez original, de même que le fait qu’il soit possible, de temps en temps, d’apercevoir ces joueurs sous formes d’ombres, se réchauffant à la lueur d’un feu ou luttant contre des ennemis visibles seulement par eux. Il est également possible de visionner les derniers instants d’un joueur décédé en activant la tâche de sang qu’il a laissé sur le sol. La possibilité de laisser des messages d’aides aux autres joueurs inclut également celle de laisser de faux conseils menant le naïf à la mort, cependant il faut avouer que les joueurs sont dans l’ensemble assez honnêtes.

Le feu est votre meilleur ami dans ce jeu.

Le feu est votre meilleur ami dans ce jeu.

C’est cependant tout ce à quoi vous aurez accès sous votre forme délicieusement putréfiée. En effet, pour invoquer un autre joueur afin de vous prêter main forte durant votre aventure, redevenir humain est requis. Cela n’est pas sans risque, néanmoins, car l’humanité vous expose aussi aux invasions d’autres joueurs mal intentionnés. Le vainqueur gagnera de l’expérience et les points d’humanité du vaincu. Et c’est là que le bât blesse : le lag est important en ligne. Il est variable selon la connexion, mais même un joueur ayant de bons résultats avec d’autres jeux pourra souffrir du lag. Dans un jeu comme Dark Souls, reposant sur les réflexes et où tous les coups ou presque sont quasi mortels, l’effet est dramatique, et vous pouvez vous retrouvez soudainement poignardé dans le dos par cet adversaire que vous avez en face de vous, ou même vous retrouvez … mort. De plus, les invocations et invasions ont suivant la méthode utilisée une fâcheuse tendance à échouer à cause de problèmes de connexions, pouvant laisser le joueur tenter l’expérience pendant de très longues minutes avant d’obtenir un résultat. Et bien sûr, les cheats et les problèmes de balance sont bien présents également …

Pour ce qui est de la qualité du portage en lui-même, le constat n’est pas en faveur de From Software : le nombre d’image par secondes est fixé à 30 et la résolution à 1024×720. De plus, le jeu ne dispose que de très peu d’options graphiques réglables. Un fix non officiel est disponible sur le net afin de corriger le problème de résolution, il est cependant surprenant de voir qu’un fan soit obligé de faire ce genre de choses à la place des développeurs. Même une fois le fix appliqué, on peut se rendre compte que le portage n’est pas très optimisé pour PC, les baisses de FPS étant assez fréquentes et fortes pour une telle qualité visuelle. Le jeu est beau, pas tant d’un point de vue technique qu’artistique néanmoins, et un effet de flou assez désagréable est présent aussi bien pour les décors éloignés que les éléments très rapprochés.

En conclusion

Graphismes : 15/20

D’un pur point de vue technique, le soft n’est pas très impressionnant, surtout au vu de ce qui existe déjà de nous jours. Néanmoins, le level-design et certains décors ont parfois tout d’une œuvre d’art.

Bande-son : 15/20

Il y a peu de musiques dans le jeu, contre les boss généralement. Elles sont la plupart du temps assez belles, à quelques exceptions prêt. Les bruitages sont corrects, le silence pesant cadre bien avec l’esprit du jeu. On entend rarement son personnage respirer lors d’un silence total dans la plupart des jeux …

Jouabilité : 17/20

Le gameplay du jeu comprend toutes les actions requises et attendues du personnage, cependant on peut se plaindre d’une certaine raideur de mouvement. Les déplacements sont parfois imprécis face au level design cruel, ce qui peut entraîner des chutes stupides et le plus souvent mortelles dans certaines zones (Hameau du Crépuscule … Forteresse de Sen …). Attention par contre, manette quasiment obligatoire. « Marmelade » ne suffit pas à définir l’état de doigts soumis à une exposition prolongée de Dark Souls sous clavier.

Durée de vie : 16/20

Le jeu est assez grand et possède un grand nombre d’éléments secrets, que ce soit des armes ou équipements nécessitant qu’une certaine action soit réalisée pour être obtenu ou une zone de jeu secrète demandant la possession d’un objet à première vue sans grand intérêt afin de s’ouvrir. De plus, il est également possible de cumuler les New Game +, NG ++, NG +++ … , avec une difficulté et une expérience gagnée croissante, afin de récupérer certains objets loupés lors de sa première partie ou de parfaire son personnage … Néanmoins, le jeu en lui-même est toujours le même, et à part combattre des ennemis toujours plus forts et éventuellement récupérer quelques objets exclusifs à une nouvelle partie il n’offrira pas grand chose de plus, ce qui peut limiter la rejouabilité. Le contenu supplémentaire, « Artorias of the Abyss », est assez vite bouclé car arrive assez tard dans le jeu, et la zone de PvP qui y est instaurée est assez mal fichue.

Scénario : 13/20

Le scénario est succinct, à la fois en quantité et en clarté. Il s’agit d’un genre particulier apte à plaire ou pas au joueur, toujours est-il qu’il reste finalement très secondaire au jeu.

Note finale : 16/20

En dépit d’un port assez douteux sur de nombreux points, la version PC de Dark Souls reste une valeur sûre pour tout amateur d’un véritable défi qui ne trouverait pas son bonheur dans le casual gaming. La dose requise de talent et de curiosité dans les mécanismes de combat afin de vaincre les ennemis les plus redoutables fait que le titre mérite bien son appellation de successeur spirituel de Demon’s Souls et de jeu hardcore.

A propos de l'auteur:

Joueur vétéran, particulièrement sur PC. Créateur de guides vidéos en français sur Youtube. Aime particulièrement les RPG, la SF, la Fantasy et la vanille. OS : Windows 7, Processeur : Intel Core 2 Quad CPU Q8300, Carte Graphique : AMD Radeon HD 6800 series, Mémoire vive : 6go

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