Hotline Miami – PC

27 janvier 2013, par , Pas de commentaires

Grâce à l’émergence du dématérialisé et des plateformes comme Steam ou le XBOX live, les créateurs des petits studios ont beaucoup plus d’espace pour montrer leurs créations au monde. Hotline Miami est l’une de ces créations. Bébé du studio Dennaton Games, mené de main de maitre par Jonatan Soderstrom and Dennis Wedin, déjà auteurs du très étrange Keyboard Drumset Fucking Werewolf en 2011. Ce jeu, où le sang, la violence et une certaine folie sont les prérogatives principales mérite-t-il que l’on s’y attarde ? La réponse dans la suite.

Sang, masques et plus si affinités

Commençons par le scénario du jeu, simple et direct, vous êtes un homme qui est un tueur, un cleaner comme on dit, à la fin des années 80. Vous avez quelques problèmes de drogue et de schizophrénie, un homme parfait en somme. Vous recevez des messages sur votre répondeur, qui vous indiquent qu’ils ont besoin de vous, quelque part dans la ville, pour faire des petites opérations sympathique et par la même occasion quelques amitiés sanglantes. Le jeu est un mélange de références cinématographiques (Drive) et vidéoludiques (GTA Vice City).

Le jeu en lui-même est un défouloir total, en 2D très old school, vue en hauteur comme pour les 2 premiers GTA, avec un code couleurs très criard et coloré, senteur années 80 garantie. Les missions commenceront par, en premier lieu, le choix du masque que vous allez porter. Pourquoi un masque ? Et bien premièrement pour ne pas être reconnu, vous me direz logique ; deuxièmement, vos personnalités multiples et pour fin,  le plus intéressant au niveau du gameplay, ces masques vous donneront des habilités spécifiques, comme le masque de tigre, qui vous permet d’être plus efficace au poing ou celui du lapin pour courir plus vite. Ces masques se débloqueront au fur et à mesure des missions du jeu, qui sont au nombre de 14. Vous devrez pour chaque mission tuer tous les ennemis qui seront dans le niveau sans exception, c’est la condition obligatoire pour finir le niveau donc pas de pitié. Mais cela ne sera pas chose aisée car une balle, un coup de poing, de batte ou morsure de chiens (oui il y a des chiens) sera synonyme de mort. Elle sera votre meilleure amie dans le jeu, ce qui vous obligera à être très précis et parfait dans vos mouvements, sous peine de recommencer….

Encore et encore

Ce sera l’apanage du jeu et de votre expérience, on est bien loin des codes normaux des jeux triples A ou productions plus traditionnelles. Ici on ne vous fera pas de cadeaux, pas de checkpoint à chaque ennemi tué. La maniabilité est assez archaïque, vous jouerez avec 6 boutons, les 4 de directions et les 2 de la souris, mais qui suffisent largement pour se sentir à l’aise. Il est des fois assez agréable de revenir à quelque chose de plus simple, sans être obligé de gérer je sais pas combien d’inventaires en même temps. À la fin de chaque niveau, vous obtiendrez un scoring à la Devil May Cry, qui vous permettra de débloquer certaines armes comme le Katana ou le magnum par exemple. Pour scorer le plus possible vous devez faire le maximum de combo en tuant une flaupée d’ennemis en même temps ou en vous faisant le moins remarqué possible. Tiens les ennemis, parlons-en. Ce sont des Russes, qui sont souvent assez nombreux, bien armés et pas si débile que ça. Vos ennemis entendent les coups de feu et tout type de bruit, ils se regroupent aussi assez souvent et, comme votre durée de vie est assez courte, ça complique bien les choses. Mais à force de répétition forcée par tous ces paramètres, vous deviendrez de plus en plus agile, efficace et froid, comme le tueur que vous incarnez…

Malgré les bugs à répétition et une difficulté qui peut rebuter

 Oui, le jeu du studio Dennaton Games est criblé de bugs récurrents comme des ennemis qui disparaissent du niveau, qui traversent les murs, ce qui vous empêche de finir le niveau. Ou autre exemple : le jeu qui freeze au plein milieu d’un niveau bien entamé, et que vous aviez jusque-là fait avec une classe meurtrière… Je vous garantis que c’est assez ennuyant et énervant, parole de votre serviteur. Et puis la difficulté et les morts à répétition peuvent en énerver plus d’un, faire voler des claviers… Enfin vous voyez le genre. Je pense que les joueurs un peu old school seront heureux de revoir une telle difficulté, ou ceux qui n’ont pas peur du challenge. Je doute que quelqu’un qui veuillent jouer un jeu un peu à la cool ou sans prise de tête soit aux anges mais on ne sait jamais. Je ne voudrais pas finir mon test sans parler de la bande-son excellente, entre electro entêtante, psychédélique, d’ambiance et un peu de hip-hop, très typé années 80. Je conseille à tous nos lecteurs de mettre la main sur cette BO, elle est fabuleuse, un peu fatigante certes, mais fabuleuse.

En conclusion :

14/20 Graphisme : Loin d’être la force du jeu, les graphismes sont d’un autre temps et peuvent faire piquer les yeux à certains qui sont habitués au HD. Malgré tout, le choix de la 2D n’est pas une si mauvaise chose que ça, pas de problème au niveau du frame rate ni de problèmes d’affichage d’éléments du jeu. Autre point intéressant, Hotline Miami tourne sur tout les PC qui n’ont pas plus de 7/8 ans et ça c’est plutôt sympa.

16/20 Bande son : Fabuleuse! l’une des meilleures bande-son depuis pas mal de temps, de l’électro entrainante de tout type et de toute sorte et du Hip Hop chaloupé sur certaines parties du jeu. Tout ça sonne parfaitement avec ce que le jeu est et prétend être, une grande aventure sous acide durant les années 80. Et je tiens à dire que c’est loin d’être musicalement ma tasse de thé donc pour vous dire la qualité de la musique. Seul bémol, elle peut devenir répétitive, et par ce fait être ennuyante.

14/20 Jouabilité : Encore une fois des plus archaïque et simple, on note des bugs qui peuvent mettre votre patience à l’épreuve. La difficulté et l’aspect répétitif qui en découle aussi. Mais si vous arrivez à surpasser ces aspects et dompter la bête, vous prendrez du plaisir à enchaîner les combos et à être précis, professionnel et froid à la fois… C’est un sacré challenge.

16/20 Scénario : Vous avez des missions, vous tuez tout le monde et tout est fini. Mais entre les missions, le scénario se développe discrètement. Vous êtes un gars paumé, schizophrène, vos masques vous parlent, vous interrogent sur vos agissements et du pourquoi de toute cette violence. En fait ce jeu met le joueur dans une situation compliquée, entre le plaisir de tuer des ennemis à la douzaine et ce que cela peut représenter comme barbarie. Hotline Miami est, ça n’engage que moi, une ode contre la violence. Vous connaissez le proverbe, il faut tuer le mal par le mal.

14/20 Durée de vie : Tout dépend de votre efficacité, vous pouvez le finir surement en moins de 4/5 heures. Il est vrai que ce n’est pas énorme comme durée de vie mais pour un jeu indépendant c’est plutôt correct et pour le prix (environ 8 euros) vous ne trouverez que rarement mieux.

Note générale : 16/20

Hotline Miami est une expérience à part dans l’univers vidéoludique. La création de Dennaton games est une pépite du monde indépendant, malgré son côté archaïque, difficile et bugé. Malgré tout ses défauts qui peuvent faire déchanter, ne passer pas à côté d’un jeu tellement décalé de par son ambiance, son scénario et sa folie. Ce cocktail est une denrée rare de nos jours où le monde du jeux vidéos se résume, quelques fois, à la course aux jeux triple A et oublie une chose principale : donnez de l’âme à un jeu, et ça Hotline Miami n’en manque pas.

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