Test Blackguards – PC

26 février 2014, par , Pas de commentaires

Si l’on peut dire une chose du studio de développement allemand peu connu du nom de Daedalic Entertainment, c’est qu’il est assez spécialisé, affichant clairement une tendance pour les jeux d’aventure et les point-and-click avec des jeux comme Deponia, The Whispered World ou encore A New Beginning. Il est donc assez surprenant de le voir prendre le chemin du RPG tactique avec son dernier titre en date, Blackguards. Une tentative risquée étant donné leur passif, mais en accord avec l’univers dans lequel se déroule le jeu, univers avec lequel ils ont déjà travaillé et qui leur est assez familier. Voyons voir de quoi il en retourne dans les faits.

Les événements de Blackguards se déroulent dans l’univers de la série de L’Oeil Noir, un jeu de rôle particulièrement apprécié en Allemagne. L’histoire commence alors que votre héros, créé préalablement par l’intermédiaire d’un éditeur de personnage, se retrouve face au cadavre de la princesse Elanor, son amie d’enfance, ainsi que du loup qui l’a tuée. S’ensuit alors une rapide confrontation entre le joueur et le loup faisant office de tutoriel de base pour les combats. Les choses ne font cependant qu’empirer une fois le combat fini, le personnage principal étant arrêté par des gardes de passage pour le meurtre de la princesse suite à un malentendu. Il est par la suite interrogé et torturé par nul autre que son meilleur ami Lysander, puis jeté en prison en attendant son exécution. Il est cependant libéré par Naurim, un détenu nain, puis le duo s’adjoint l’aide d’un autre détenu, un mage étranger dénommé Zurbaran, et entreprend de s’évader.

Chaque combat est un challenge sans que la difficulté soit injuste.

Chaque combat est un challenge sans que la difficulté soit injuste.

Cette évasion de prison est l’occasion pour le joueur de bénéficier d’un véritable tutoriel expliquant plus en détail l’utilisation de l’inventaire, des aptitudes spéciales et de la magie de manière relativement claire et précise. Une option d’aide entrant plus en détail dans les mécanismes de jeu est disponible à tout moment parmi les onglets en haut de l’écran, mais celle-ci n’a apparemment pas été traduite, une moitié étant en anglais et l’autre en allemand … Les combats, qui composent la majeure partie du jeu, se déroulent au tour par tour sur un terrain quadrillé avec vue isométrique, l’ordre de passage des personnages étant déterminé par leur score d’Initiative. Au terme du combat, le groupe reçoit un butin sous la forme d’objets et de monnaie, et chaque membre reçoit une certaine quantité de Points d’Aventure, qui sont les points d’expérience du jeu. Ces points peuvent être utilisés pour améliorer tous les aspects du personnage, que ce soit ses statistiques de base, son habileté à utiliser un type d’arme particulier en attaque et/ou en défense, ses sorts ou ses capacités spéciales. Il est à noter que les capacités spéciales du personnage principal ne peuvent être choisies librement que lors de sa création, et il sera nécessaire de trouver les bons entraîneurs afin de débloquer celles qui n’auront pas été sélectionnées. La quantité de sorts disponibles est plus que correcte et ceux-ci sont variés, mais les capacités spéciales utilisables par les guerriers et les chasseurs manquent cependant quelque peu d’originalité, regroupant des classiques comme le Coup Puissant, le Renversement et le Tir Visé. Un dernier point sympathique vis-à-vis des sorts est la possibilité de lancer les précédentes versions de chacun même après en voir débloqué une version plus efficace via le gain d’expérience, un mécanisme suffisamment peu utilisé par d’autres jeux du genre pour que ça vaille la peine d’être mentionné ici. Pas la peine de soigner un personnage avec le dernier niveau du sort de soin si celui de base suffit pour un coût moins élevé en mana !

L'interaction avec le champ de bataille est indispensable.

L’interaction avec le champ de bataille est indispensable.

Une zone particulière du donjon de départ requiert que le joueur bloque un passage large de deux hexagones par l’intermédiaire d’un sort de barrière de Zurbaran afin de donner au groupe le temps d’ouvrir les cellules et de libérer les autres prisonniers. L’accent est ainsi mis dès le début sur les interactions entre les personnages et les éléments des décors qui composeront les différents champs de bataille. Loin d’être un luxe que le joueur peut se contenter d’ignorer ou même un simple gimmick utilisé à deux ou trois reprises dans le jeu pour ensuite être remisé au placard, il est ici nécessaire de tirer avantage au maximum des pièges, des dangers et des particularités de chaque terrain, que ce soit des gaz des marais explosifs, des ouvertures à bloquer avec des pierres afin d’empêcher des monstres d’en sortir ou même un passage suffisamment étroit pour être fermé temporairement par magie. Les interactions sont donc nombreuses et les possibilités d’appréhender une situation sont multiples. De ce côté là, le gameplay est une réussite, chaque combat représentant un challenge à aborder avec précaution et après mûre réflexion.

L'univers est cliché et le scénario peu intéressant.

L’univers est cliché et le scénario peu intéressant.

Lorsque le groupe n’est pas en train de se battre dans une quelconque zone de combat, il se déplace de ville en ville sur la carte du monde au gré du scénario et des envies du joueur. Les différentes interactions et activités citadines se font par l’intermédiaire d’un écran affichant les différents vendeurs, guérisseurs et donneurs de quêtes. Un autre aspect plutôt positif de Blackguards qui le différencie d’autres jeux du même genre est le manque d’équipement récupéré dans le butin de chaque combat, du moins dans les premières heures de jeu, ce qui pousse le joueur à acheter davantage ce dont il a besoin parmi les différents vendeurs. Un changement agréable par rapport à la plupart des jeux de rôle, dans lesquels il est tout à fait possible de finir la partie sans dépenser une seule fois son argent dans une boutique. Malheureusement, ces passages en villes exposent véritablement l’un des gros points faibles du jeu, point faible qu’il était déjà possible d’apercevoir à moindre mesure dans les combats : les dialogues. Le jeu offre à plusieurs occasions au joueur la possibilité de choisir ses propres lignes de dialogue lors d’une conversation avec un PNJ. Lorsque l’option de dialogue est une option de persuasion avec une possibilité de réussite ou d’échec, la valeur de Charisme du personnage qui prend la parole en déterminera l’issue. Cependant, ces options de persuasion ne sont pas si nombreuses et la plupart des autres choix de dialogue sont superflus et ne font pas avancer le scénario. Pourquoi donner au joueur la possibilité durant la plupart des dialogues de ne choisir que des lignes lui permettant d’en apprendre plus sur l’univers ou le scénario alors qu’une cinématique comprenant chacune des options les unes après les autres aurait largement fait l’affaire ? Les doublages (anglais) sont également de piètre qualité, et ce à plusieurs niveaux. Entre le jeu d’acteur parfois assez plat, les doubleurs surjouant beaucoup trop et même certaines lignes carrément mal jouées insérées parmi d’autres parfaitement normales (un bandit hurlant sur le groupe avant de poser une question sur le ton de la conversation, une femme criant comme un homme durant un combat …), il est difficile de fermer les yeux sur l’ensemble. Le jeu souffre également d’un certain manque de personnalité se reflétant de manière particulièrement importante durant les dialogues. Les personnages sont des clichés éculés de la fantasy (le nain têtu et bougon, le mage paresseux, spirituel et coureur de jupons …) et l’humour est parfois un peu forcé. La traduction semble être de bonne qualité, néanmoins, ce qui est rare dans le monde des titres indépendants.

En conclusion

15/20 Graphisme : Les graphismes sont plutôt beaux, les animations bien faites et les effets sont réussis. Pas grand-chose à dire de ce côté-là, c’est varié et on n’en demande pas plus de la part d’un RPG tactique. Les personnages manquent peut-être un peu de soin, mais autrement c’est plus que correct.

12/20 Bande son : Là encore, pas grand-chose à dire pour ce qui est des effets sonores. Les doublages anglais, en revanche, ne sont pas des plus réussis, que ce soit à cause du mauvais jeu d’acteur ou du contraste occasionnel entre le ton et l’action.

14/20 Jouabilité : Un certain soin a été apporté au gameplay, plus particulièrement aux interactions avec le décor. La difficulté est également bien dosée et les sorts sont variés, mais les aptitudes de mêlée sont peut-être un poil trop classiques.

14/20 Durée de vie : Le jeu est long et riche en quêtes secondaires, et les différentes missions proposées sauront faire travailler les méninges du joueur. De ce côté-là, pas de problèmes.

11/20 Scénario : Le gros point faible du titre. L’univers est cliché et le scénario peine à démarrer. Le joueur passe les premières heures du jeu à aller de ville en ville sans véritablement accomplir quoi que ce soit. La lassitude s’installe malheureusement assez vite, ce qui est dommage étant donné que le jeu est relativement solide en terme de gameplay.

A propos de l'auteur:

Joueur vétéran, particulièrement sur PC. Créateur de guides vidéos en français sur Youtube. Aime particulièrement les RPG, la SF, la Fantasy et la vanille. OS : Windows 7, Processeur : Intel Core 2 Quad CPU Q8300, Carte Graphique : AMD Radeon HD 6800 series, Mémoire vive : 6go

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