Test X Rebirth – PC

3 janvier 2014, par , Pas de commentaires

Parmi les jeux composant le genre discret des simulations spatiales existe une série un peu à part, la série X. Cette série, probablement la plus connue de ce style de jeu particulier, doit son succès en grande partie à sa complexité et à sa richesse. Conscient que son bijou n’était pas à la portée de tous, à cause du temps qu’il était nécessaire d’investir afin d’en profiter pleinement, Egosoft a décidé de sortir un épisode lui-même un peu à part du reste de la série : X Rebirth. Le studio de développement est-il parvenu à remplir son objectif, celui de créer un jeu à la fois complet, riche et facilement abordable par tous ?

Note de l’auteur : l’équipe a finalement décidé de tout de même effectuer le test de X Rebirth plus d’un mois après sa sortie, période durant laquelle une vingtaine de patchs et autres correctifs ont été appliqués au jeu. Ce test reflète donc l’état du titre tel qu’il est à l’heure actuelle.

 Les événements prennent place 16 ans après ceux du précédent épisode, X3 : Albion Prelude. Le protagoniste de ce nouvel opus, Ren Otani, tombe par hasard sur le Fierté d’Albion, un appareil légendaire resté à la dérive durant des années et qui n’est maintenant guère plus qu’une épave. Alors qu’il a entrepris les réparations de son nouveau vaisseau, il reçoit une demande d’autorisation d’atterrissage de la part de Yisha Tarren, une technicienne membre du Cœur d’Albion nécessitant son aide afin de se rendre auprès d’un vaisseau de son groupe. Ils vont donc joindre leurs efforts afin de rendre le vaisseau de nouveau opérationnel, donnant lieu à un tutoriel de familiarisation avec le fonctionnement du vaisseau.

Soyez assuré que c'est bien pire avec le son.

Soyez assuré que c’est bien pire avec le son.

 Le tutoriel est malheureusement bâclé sur de nombreux points. D’une part, il ne prend pas en compte le contrôleur utilisé par le joueur, ce qui ne serait en soi pas si grave si les instructions n’avaient pas tendance à sauter de manière aléatoire entre des touches clavier et des boutons de contrôleur Xbox. D’autre part, certaines instructions données par le tutoriel sont souvent peu claires, voire carrément fausses, telles que celle expliquant l’amarrage à une station spatiale, et d’autres évoquent très rapidement des concepts importants sans entrer dans les détails, laissant le joueur dans le flou. D’autres encore attendent que le joueur tombe totalement par hasard sur certains aspects de l’interface ou du jeu pour se déclencher. Pour ne rien arranger, chaque instruction ne reste à l’écran qu’un très court instant, et certaines ne sont même pas traduites en français. La traduction française est de manière générale assez approximative, le vocabulaire utilisé dans les dialogues est parfois assez peu naturel et certaines traductions sont même franchement stupides (le secteur Cuspid Splint devient le secteur Appareil Dentaire en français …). Les doublages sont quant à eux risibles, la seule exception notable étant peut-être l’ordinateur de bord du vaisseau qui paradoxalement se fera régulièrement insulter pour ses nombreuses interventions par votre copilote technicienne à la voix insupportable. Et si ça ne suffisait pas, les différentes lignes de dialogues sont souvent coupées en pleine élocution, montrant de manière claire le peu de soin apporté à la localisation.

Bon courage pour vous y retrouver là-dedans.

Bon courage pour vous y retrouver là-dedans.

 L’un des principaux objectifs d’Egosoft, rappelé à de nombreuses reprises durant le développement du jeu, était de rendre celui-ci facilement abordable par n’importe quel joueur, notamment par le biais d’une nouvelle interface moins complexe à prendre en main. Force est de constater qu’il s’agit là d’un échec retentissant. L’interface est un véritable bazar très peu intuitif bardé d’indicateurs beaucoup trop discrets dont le sens est pour le moins mystérieux. Cela ne se limite d’ailleurs pas aux divers écrans du cockpit, mais s’applique également aux minuscules icônes utilisées pour repérer chaque objet de l’espace. Il est assez difficile de faire la différence entre un simple vaisseau, un astéroïde et une station spatiale, du moins sans des indications claires que le jeu se borne à refuser de fournir.

Vous n'aurez accès à guère plus d'options de dialogue au cours du jeu

Vous n’aurez accès à guère plus d’options de dialogue au cours du jeu.

 Une autre nouveauté du jeu est le fait de pouvoir sortir de son vaisseau lorsque l’on s’amarre à un une station ou un autre appareil, afin de pouvoir s’y déplacer librement à pied. Concept particulièrement original et intéressant pour un simulateur spatial, il est malheureusement gravement sous-exploité et n’apporte finalement rien de plus à l’ensemble que ce qu’aurait offert une interface sous forme de menus. Ren ne peut faire guère plus que se déplacer dans la station pour interagir avec ses différents occupants ou fouiller des conteneurs divers afin de récupérer des objets au hasard. Il est également possible d’entamer un dialogue avec d’autres personnes ou pilotes, mais là encore le système est sous-exploité et bancal. La possibilité de discuter de l’univers dans lequel se déroule le jeu, ainsi que des concepts et des mécanismes, aurait été une idée intéressante, que ce soit pour que le joueur se familiarise avec celui-ci ou qu’il remplisse petit à petit l’encyclopédie de bord du vaisseau, mais ce n’est malheureusement pas possible. Les seules options de dialogue disponibles sont généralement celles liées à la vente et à l’achat, ainsi que la possibilité de demander son chemin, d’embaucher un PNJ si celui-ci possède une spécialité (comme Ingénieur ou Gérant) et d’afficher le résumé de ses compétences, résumé le plus souvent constellé de points d’interrogation pour chaque valeur). Il est parfois possible de démarrer une sorte de mini-jeu dans lequel Ren entame la conversation avec un PNJ avec à la clé un rabais ou la localisation d’un certain PNJ recrutable, mais les différentes répliques sont tellement peu naturelles et s’imbriquent tellement mal dans la conversation globale que le résultat final est assez comique, et ce pour tous les dialogues du jeu. On obtient par exemple un pilote de véhicule de police s’adressant de manière très familière au responsable des communications d’une station spatiale, un PNJ refusant sèchement de répondre lorsque Ren demande une direction ou encore un ennemi déclinant poliment une conversation durant un affrontement spatial… Le fait que les boîtes de dialogues elles-mêmes soient minuscules n’arrange rien, mais c’est presque un détail comparé au reste.

Ça valait le coup de lui demander ses compétences.

Ça valait le coup de lui demander ses compétences.

 La campagne elle-même souffre d’un manque d’attention. Les premières minutes de jeu consistent en un véritable torrent d’informations indigeste que le joueur aura beaucoup de difficulté à assimiler s’il n’a pas terminé le précédent épisode. Le début de la campagne se poursuit ensuite sur une longue succession de voyages par autoroutes, voyages d’autant plus inintéressants que le système de localisation d’objectifs du vaisseau fait tout le travail de planification de trajet pour le joueur. La monotonie n’est rompue que par un très rapide tutoriel au maniement des armes pour ensuite reprendre en force. Impossible de juger du reste de la campagne, malheureusement, car un bug a empêché celle-ci de progresser durant le test. Les combats sont tout ce qu’il y a de plus classiques, et même particulièrement simples. Il suffit de mettre l’ennemi dans son réticule et de tirer, l’ordinateur de visée du vaisseau se charge de faire en sorte que le tir atteigne sa cible. Les affrontements ne sont pas spécialement exigeants en terme de stratégie et sont même franchement faciles à remporter. Les stations spatiales n’ont que très peu de moyens de se défendre contre une attaque de la part du joueur, et même après cinq minutes de carnage ininterrompu dans les alentours directs de l’une d’entre elles seul un véhicule de police s’est présenté pour tenter un simulacre de résistance avant de se faire promptement anéantir.

Les autoroutes sont l'occasion pour un mini-jeu sans grand intérêt.

Les autoroutes sont l’occasion d’un mini-jeu sans grand intérêt.

 Reste maintenant le dernier point à aborder, celui des graphismes et des performances. X Rebirth s’en sort plutôt bien en ce qui concerne les textures, particulièrement détaillées si on prend en compte qu’il s’agit d’une simulation spatiale, mais c’est bien là le seul point positif. Les modèles et animations des divers PNJ sont atroces, de même que les performances générales du titre qui parvient rarement à dépasser les 20/25 images par seconde quand ce n’est pas bien pire. Le jeu ne fait aucun effort pour cacher les chargements des différentes zones, et il n’est donc pas rare d’être suspendu et immobilisé dans le vide lors de l’atterrissage sur une station jusqu’à ce que les décors apparaissent. Le jeu souffre également de nombreux bugs plus ou moins graves (des vaisseaux qui disparaissent soudainement devant le joueur, la campagne qui refuse de se poursuivre …) et d’une IA stupide pour couronner le tout.

En conclusion

12/20 Graphisme : Les textures et graphismes eux-mêmes sont franchement corrects pour un genre qui ne s’embarrasse généralement pas trop de ce type de détails, mais les PNJ souffrent d’un grand manque de soin, que ce soit au niveau des animations ou du modèle. Dommage, vraiment.

09/20 Bande son : Les effets sonores font leur travail sans être mémorables. Les musiques sont de qualité médiocre et ont tendance à être assez peu adaptées à la situation (une musique d’action lorsqu’on emprunte une autoroute …). Quant aux doublages français, mieux vaut ne pas en parler.

05/20 Jouabilité : Les simulations spatiales complexes compensent généralement la grande difficulté que les joueurs ont à l’aborder en offrant à celui-ci un manuel extrêmement complet et détaillé. Ce n’est malheureusement pas le cas d’X Rebirth, qui troque ledit manuel pour un tutoriel mal foutu, mal traduit, peu informatif et bugué. L’interface est toute aussi mal foutue que le tutoriel, et les faibles performances du titre n’arrangent rien.

11/20 Durée de vie : Difficile de juger de la durée de vie d’un titre dont les bugs empêchent le scénario de se dérouler, mais c’est déjà un signe en soi. La carte complète de la galaxie n’est pas des plus grandes, cependant.

10/20 Scénario : Pour la même raison évoquée dans “Durée de vie”, il est difficile de trouver des arguments en faveur du scénario du jeu. Ce qui peut-être dit, en revanche, c’est qu’en dépit de la volonté d’Egosoft d’ouvrir sa série à un plus large public, le joueur moyen ayant sa première expérience de X avec Rebirth risque fortement de ne rien comprendre aux premières minutes d’exposition du titre. Et n’aura probablement pas envie d’en apprendre beaucoup plus.


A propos de l'auteur:

Joueur vétéran, particulièrement sur PC. Créateur de guides vidéos en français sur Youtube. Aime particulièrement les RPG, la SF, la Fantasy et la vanille. OS : Windows 7, Processeur : Intel Core 2 Quad CPU Q8300, Carte Graphique : AMD Radeon HD 6800 series, Mémoire vive : 6go

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