XCOM : Enemy Unknown (2012) – PC

3 janvier 2013, par , 1 Commentaire

Ca y est. Le nouvel épisode d’XCOM, tant attendu des amateurs d’émincé d’envahisseurs extraterrestres, est disponible. Deux groupes de joueurs « s ’opposent » ici, chacun avec leurs attentes particulières : les fans hardcores des premiers épisodes de MicroProse, espérant un remake fidèle à l’original dans son principe de gestion totale de la contre-offensive humaine, et les petits curieux, dans l’expectative d’un jeu neuf, intuitif et au goût du jour. Parviendra t-il à satisfaire tout le monde ?

Un scénario plus poussé et développé

Les prémices du scénario de ce remake sont relativement semblables à celles du premier XCOM, dans le sens où il est tout ce qu’il y a de plus classique : de méchants aliens débarquent sur Terre, capturent et tuent à tour de bras tous les humains rencontrés, nivellent les villes et mettent le feu aux poubelles. L’invasion se déroule en 2015 et non pas en 1999 comme dans le premier XCOM (que nous appellerons dorénavant « le premier » pour plus de simplicité), permettant des décors et un équipement de départ à l’allure un poil plus moderne que ce que le premier offrait alors.

Un point accrochera cependant l’oeil du fan de la premier heure dès le début du jeu : celui-ci est hautement scénarisé. Alors que le premier ne nous plaçait qu’un background rapide propice à la construction d’un scénario différent à chaque joueur et chaque partie, le jeu se déroule ici de manière relativement similaire entre chaque partie : la première mission d’initiation, ainsi que quelques autres, sont les mêmes, puis les événements suivent un schéma similaire de partie en partie. Ainsi, il vous sera très vite demandé par votre scientifique en chef (qui, en passant, a un nom et une personnalité, contrairement au personnel du premier qui n’étaient composé que d’unités sans grand intérêt) de capturer un alien vivant afin de l’interroger et d’en savoir plus sur la menace à laquelle vous faites face. Ces objectifs généraux se mettront alors à jour et seront consultables. Bien qu’il soit possible d’ignorer ceux-ci durant un temps pour faire les choses à votre façon, vous ne fixez plus vraiment vous-même les objectifs à long terme de votre organisation. Cela aide grandement le débutant pouvant être rebuté par la complexité et l’absence de mise-en-scène caractéristique du premier, mais fait également disparaître une partie du charme de celui-ci.

XCOM2012_1

Une attention toute particulière a été apportée à la mise en scène.

 

Non seulement le scénario est scripté et suis un déroulement similaire à chaque partie, mais les missions elles-mêmes ne sont pas aléatoires, seul l’ordre et le moment de leur obtention l’est. A l’opposé du premier, ne nous donnant comme background pour chaque mission qu’une simple expression de type « enlèvement extraterrestre » ou « site de terreur », les missions ont ici un but précis et surtout un théâtre d’opération prédéfini. Cela peut diminuer en partie le potentiel de rejouabilité du jeu, cependant il faut avouer que c’est un bon moyen de lutter contre la lassitude que pouvait représenter le fait d’atterrir sur des terrains dont seule la position des différentes structures changeait.

Un gameplay différent

Le jeu commence donc par une première mission d’initiation pouvant être passée, posant les bases de l’impitoyable invasion alienne. Un nouveau point à même de décontenancer les anciens joueurs sera la disparition des UT (Unités de Temps), barre qui symbolisait dans le premier le nombre d’actions pouvant être effectuées par l’unité de combat durant un tour. Dorénavant, toutes les unités peuvent effectuer au plus (sous réserve qu’elle n’ait pas de compétences spéciales) deux actions dans un tour : soit deux déplacement, soit un déplacement puis une autre action (à l’exception de l’utilisation de certaines armes, comme les snipers), soit deux actions (une seule dans le cas d’une action offensive), soit un seul long déplacement appelé sprint. Le système peut sembler plus simple, les tours moins dangereux pour nos unités que dans le premier, cependant il introduit de nouvelles mécaniques importantes au gameplay : est-il plus sûr d’effectuer d’abord un premier déplacement derrière un couvert, au cas où des ennemis hors de vue se trouvent à mon point de destination ? Est ce que cette manœuvre ne m’exposerait pas à un ennemi embusqué à revers de cette même couverture ? Peut-être serait-il préférable de sprinter jusqu’à ma destination, histoire de bénéficier du bonus de défense associé, au cas où un ennemi tenterait de me tirer dessus durant le déplacement. Le gameplay se heurte toutefois à un défaut que le premier ne possédait pas, à savoir que seules les grenades et armes lourdes ont une visée libre, les armes standards devant acquérir une véritable cible pour faire feu. Cela veut donc dire que la destruction aveugle de terrain afin de détruire tout ce qui ressemble de près ou de loin à un couvert pour alien est quasiment proscrite. Les terrains sont toujours destructibles, mais généralement cela n’arrivera que si une unité se cache derrière.

Le Battlescape remis au goût du jour est pas mal. Pas mal du tout, même.

Dans cet épisode, tout comme dans le premier, vos soldats peuvent engranger de l’expérience à chacun de leurs succès et éventuellement monter en grade. La montée en grade possède cependant de nombreux avantages absents du premier : un système plus proche de celui de Warhammer 40000 : Dawn of War II a été adopté dans cet épisode. Ainsi, vos soldats, en plus d’augmenter certaines de leurs stats comme les Points de Vie ou la visée, gagnent des compétences et des spécialisations. Plus que des unités ne se résumant qu’à un nom, des stats et un flingue, elles possèdent maintenant une personnalité propre, encore renforcée par leurs répliques lors de la sélection ou même les surnoms qu’il peuvent obtenir au fur et à mesure de leurs exploits. Ajoutez à cela le fait qu’il est possible de les personnaliser, que ce soit au niveau de leur physique ou de leur armure, et vos soldats compteront bien plus pour vous que les bleus en salopette de combat que vous envoyiez sans honte à la mort lors des assauts OVNI du premier. Ici, 4 spécialisations avec leurs compétences associées sont disponibles pour vos soldats : Commando, Sniper, Sapeur, et Grenadier. Alors que le Commando est le soldat typique, capable par exemple de tirer après un sprint, le Sniper est sans surprise capable d’aligner de loin des ennemis, de préférence depuis un point élevé, alors que le Sapeur fait office de soutien à ses coéquipiers et que le Grenadier possède un don inné pour tout faire sauter, et est de fait la seule classe possédant un lance-roquette à utilisation unique pour chaque mission.

Le rouge, c’est le grenadier. Le bleu sombre, c’est le sniper.

Et oui, le lance-roquette est maintenant une capacité et non plus un équipement achetable ou fabriqué. Et on en vient à l’aspect le plus susceptible de faire râler les anciens, à savoir la gestion de l’équipement. Les armes sont directement fournies avec les soldats, certaines sont devenues des capacités et non plus des armes à part entière, et toutes les armes de bases ont des munitions illimitées. Le principe de gestion en prend un coup, mais là encore ça aide à garder une certaine dynamique. Tout est question de goûts à ce niveau là.

Le système de financement est plus ou moins le même que dans le premier, à ceci près qu’il n’est plus possible de vendre la plupart des équipements crées par vous même et que vous êtes donc entièrement dépendant de votre financement et des récompenses de vos missions. Les différentes nations finançant le projet XCOM ont maintenant un indice de panique symbolisant leur confiance envers le projet. Cette jauge augmente à chaque mission ignorée sur le territoire en question. Trop de panique et la nation se retire du projet. Trop de nations qui se retirent du projet, et c’est Game Over. On pourrait alors penser qu’il suffirait de n’ignorer aucune mission, mais ça serait trop beau : vous êtes OBLIGE d’en ignorer. Bien que l’aspect aléatoire du premier puisse vous mettre devant le choix d’un atterrissage sur tel ou tel site de crash au cas où plusieurs vaisseaux seraient interceptés en même temps, le remake vous pose régulièrement devant un dilemme. On vous ouvre une boîte de dialogue montrant plusieurs sites de missions, vous présente les objectifs, la difficulté et la récompense de chacune d’entre elle … Puis on vous demande d’en choisir une seule. Les autres pays concernés par les missions ignorées verront leur indice de panique augmenter fortement. Les missions ne sont donc pas à choisir à la légère.

La salle de surveillance. Observez comme vos plans tombent à l’eau les uns après les autres.

Enfin, reste à évoquer la difficulté elle-même. Le premier XCOM était particulièrement ardu et impardonnable, et force est de constater que même si le nouveau n’est pas aussi hardcore, il offre tout de même un bon challenge. Les modes de difficulté les plus faibles restent à la portée des débutants tandis que les plus élevés seront suffisamment corsés pour provoquer quelques sueurs froides. Une fois encore, les tirs ennemis font très mal et peuvent sonner le glas de vos soldats en moins de temps qu’il n’en faut pour hurler « Embuscade ! », cependant cette fois vos soldats répondent avec une efficacité comparable, eux qui étaient incapables de toucher un éléphant dans un couloir dans le premier épisode. Quelques éléments de gameplay changés par rapport au premier, comme la transformation des tirs réflexes (qui dans le premier épisode permettaient à un soldat qui n’avait pas effectué toutes ses actions dans son tour de tirer sur un ennemi entrant dans son champ de vision) en un mode maintenu ajoutent encore à la difficulté. Le jeu dispose également d’un mode multijoueurs permettant à deux joueurs de s’affronter avec une escouade composée aussi bien de soldats d’XCOM que d’aliens en tout genre. Le mode marche selon un système de points : plus l’unité et son équipement sont avancés, plus le coût en points est important, avec une limite à ne pas dépasser.

 

Des graphismes décents

Cet alien est sur le point de dérouiller.

Cet alien est sur le point de dérouiller.

 

Même si le remake n’est pas un chef d’œuvre de beauté, il s’en sort avec des graphismes très corrects, plus que suffisant pour contenter le joueur habitué aux affreux pixels du premier épisode. Le jeu souffre de quelques problèmes de caméra folle, et les cadavres des unités ont une fâcheuse tendance à se contorsionner et s’étirer dans tous les sens, néanmoins le jeu reste très décent graphiquement et techniquement, surtout pour un jeu de stratégie au tour-par-tour.

 

En conclusion

Graphismes : 14/20

Les graphismes sont corrects pour le genre du jeu et seront plus que suffisants pour les joueurs habitués au premier épisode. Les décors de cet épisode, contrairement au premier, possèdent plus d’âme et de caractère, n’étant pas un simple positionnement au hasard de structures.

Bande-son : 14/20

Les musiques sont variées, les bruitages nombreux et la version française est plutôt convaincante. Les différentes répliques des soldats rendent les missions bien plus vivantes que dans le premier, dont l’absence d’ambiance et de vie était un gros défaut.

Jouabilité : 14/20

Le gameplay est différent de la première version. La gestion est moins poussée, l’aspect stratégique un peu plus développé. Le jeu n’est pas vraiment mieux ou moins bien, il est … différent. Les nombreux changements risquent cependant de déplaire les fans de la première heure à un niveau plus ou moins important, mais on l’avantage d’être plus attirants et simple à prendre en main que la gestion complexe et profonde qu’offrait le premier épisode.

Durée de vie : 16/20

Les quatre niveaux de difficulté, le mode « Homme de Fer » n’autorisant qu’une sauvegarde automatique par partie sans possibilité de sauvegarder manuellement et l’aspect partiellement aléatoire du déroulement de la partie permet une certaine rejouabilité, qui est cependant limité par l’aspect un peu trop assisté du jeu en lui-même. La durée de vie reste tout de même bonne.

Scénario : 14/20

Le background du jeu est toujours aussi classique, voir cliché, que dans les premiers épisodes de la série, cependant un véritable effort a été fait au niveau de la mise en scène. Celle-ci permet au joueur d’accrocher plus efficacement à l’histoire et au jeu, et aide le débutant à mieux comprendre les mécanismes de celui-ci par l’intermédiaire d’objectifs clés donnés au fil de la progression.

Note finale : 15/20

XCOM : Enemy Unknown offre une expérience de jeu similaire en surface au premier épisode, mais plus abordable et attractive, que ce soit visuellement ou au niveau de la mise en scène. La simplification importante du gameplay, plus particulièrement de l’aspect gestion du jeu, peut cependant décevoir les amateurs du premier jeu, mais il reste tout de même un très bon challenge, et est même plus ardu que le premier sur plusieurs points.

Cet article est la propriété intégrale de “FuryMGS3”

A propos de l'auteur:

Joueur vétéran, particulièrement sur PC. Créateur de guides vidéos en français sur Youtube. Aime particulièrement les RPG, la SF, la Fantasy et la vanille. OS : Windows 7, Processeur : Intel Core 2 Quad CPU Q8300, Carte Graphique : AMD Radeon HD 6800 series, Mémoire vive : 6go

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Un commentaire

  1. David 10 janvier 2013 à 19 h 59 min

    Très bon test.

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