Test Assassin’s Creed Unity – Xbox One

16 novembre 2014, par , 9 Commentaires

Sept ans et une génération de consoles plus tard, Assassin’s Creed Unity faisait son entrée en scène sur Xbox one, PS4 ainsi que sur PC. Débarquant par le fait même dans une ère de consoles qui semblent enfin vouloir se démarquer de la dernière, la pression était élevée pour l’éditeur-développeur. En plus qu’Ubisoft faisait un volte-face par rapport à son précédent jeu, Black Flag en retournant aux bases de ce qui a popularisé la licence en ramenant le joueur vers les milieux urbains. Pour ce faire, quoi de mieux que le cadre géographique magnifiquement représenté par Ubisoft du Paris révolutionnaire de 1789? On se souviendra que Brotherhood en faisait allusion avec l’oeil de la providence. Ce n’était donc qu’une question de temps avant que les assassins jouent enfin leur rôle dans cette tranche de l’histoire. Dans Unity, le cadre historique allait-il être aussi bien représenté que le cadre géographique comme Ubisoft le prétendait?

assassin's creed unityDans ce jeu très attendu par la communauté de gamers, le développeur montréalais réussit bien à démontrer quelques belles choses avec son titre, mais malheureusement, force est d’admettre que ses ambitions démesurées de vouloir trop en faire dans une génération en devenir combiné à son désir d’éblouir font d’Assassin’s Creed Unity un jeu  qui s’égare. Le joueur habitué de la licence aussi perdra ses repères en essayant de se retrouver au travers toutes les galipettes scénaristiques mises en branle par les auteurs. C’est à peine dissimulé qu’on ne veut pas heurter la compréhension des néophytes, mais ce n’est pas là le pire. La plus grave erreur commise par les développeurs est de faire une tentative ratée d’éduquer le joueur tout en le divertissant. En plus, pour un jeu qui fait la promotion d’un retour aux origines, la méthode de coupe à blanc dans les références aux anciens jeux choisie par les scénaristes est un paradoxe qui semblera inacceptable aux yeux des habitués de la série. À vrai dire, les intentions des auteurs paraissent tellement être de tout recommencer à zéro et de faire d’Assassin’s Creed Unity un nouveau jeu que le joueur finira même par perdre de vue le peu de références qui ont évité le couperet. À ce sujet, c’est une chance que le fondement historique et géographique du jeu symbolise une référence en soit à Brotherhood, sinon, en ce qui concerne la fidélité du scénario à ses prédécesseurs, on repassera. Même l’Animus ne porte plus son nom. Au moins, la guerre rage toujours entre les templiers qui utilisent les armes de l’ordre, du fanatisme et de la loi ainsi que les assassins qui préconisent l’approche de l’infiltration et les armes blanches dissimulées. Malheureusement, après quelques heures de jeu, il devient évident que, dans  l’ouvrage fictif d’Ubisoft, Arno, le protagoniste, ne s’intéresse que de très loin à la cause de ses confrères assassins. En effet, le personnage est plutôt motivé par des intérêts davantage personnels que politiques. Il tente de résoudre une mystérieuse histoire de meurtre avec pour toile de fond, une histoire d’amour  entre lui et Élise, de vieux amis d’enfance qui s’étaient perdus de vue depuis plusieurs années. Les raisons de l’alliance entre Arno et les assassins ne sont jamais vraiment clarifiées tout au long du parcours qui attendra le joueur dans le Paris dépeint par les créateurs du jeu.

assassin's creed unityÀ ce propos, il est également important d’ouvrir une parenthèse sur la campagne promotionnelle du jeu. Ubisoft s’est fait un devoir de vendre à la communauté l’idée selon laquelle le volet historique de Unity comporterait plusieurs qualités éducatives pour le public. Dans les faits, il en va tout autrement. De toute évidence, son approche historique et sociologique du Paris de l’époque et de ses acteurs principaux est tout à fait subjective et plusieurs faits relèvent purement de la fiction. Il sera alors primordial pour le joueur, et peut-être même difficile pour ceux qui en connaissent moins sur le sujet, de savoir discerner cette fiction de la réalité du Paris révolutionnaire de la fin du XVIII siècle. D’ailleurs le jeu est en vente partout dans le monde et ne s’adresse pas qu’aux Français qui connaissent l’histoire de la Révolution française. De nous avoir vendu le jeu pour ses capacités instructives fut une erreur commise par l’éditeur-développeur de la franchise et pourra induire de nombreuses  personnes en erreur en ce qui concerne cette tranche historique de la France et plus spécifiquement Paris.

assassin's creed unityEn revanche, d’un point de vue visuel et architectural, le Paris de la révolution est magnifique. Sa représentation artistique est parfois même sublime, mais fâcheusement, c’est là que s’arrête la véracité des références à la Révolution française. Il est toutefois déplorable qu’afin d’apprécier pleinement les graphismes, il faille qu’Arno, votre personnage, mette sa transmission au neutre, autrement dit, il ne doit pas bouger. Sinon, pour l’œil attentif et même inattentif, les évidences d’un jeu qui manque de polissage le frapperont. Pour un jeu axé sur la culture du mouvement, c’est malheureux. Il est clair qu’Ubisoft n’a pas encore la maîtrise de son nouvel engin graphique. Le jeu semble d’ailleurs être un test pour ce dernier. Dès qu’Arno se met à se mouvoir dans les environs de Paris et de Versailles, les bugs deviennent omniprésents. Du nombre, sans parler des baisses radicales de FPS, et ce sur toutes les plates-formes, le joueur verra ; « des personnages qui flottent dans les airs, des parties du décor qui apparaisse tardivement, Arno qui passe au travers une multitude d’objets, des cinématiques qui n’aboutissent pas, etc. » À moindre échelle, c’est pareil pour le son qui, souvent, tend à suivre l’image en buggant à son tour. Ce qui vient sauver le son, c’est la qualité de la trame sonore qui nous plonge très bien dans le climat de nos objectifs ou de nos missions. La musique relativement à ce qui a lieu à l’écran lorsque l’on joue à Unity a pour la plupart du temps une application équilibrée. Le joueur sera également baigné par un excellent son d’ambiance qui donne vie aux villes de Paris et de Versailles avec leurs foules grandeur nature.

assassin's creed unity 2Malgré les défauts flagrants d’Assassin’s Creed Unity, on y retrouve quelques actions intéressantes. Les missions principales en ne tenant pas compte du scénario sont plaisantes à accomplir. Pour les amateurs d’infiltration, ce système comparativement aux précédents Assassin’s Creed est amélioré et plutôt satisfaisant. Arno démontrera également au joueur que le développeur s’en va dans la bonne direction avec les mouvements de parcours. En faisant abstraction des bugs graphiques, on s’aperçoit que le protagoniste de Unity semble plus fluide que jamais quand il s’attaque à ses ennemis du haut d’un pignon d’église ou lorsqu’il s’échappe des forces de l’ordre. Et, quand notre œil ne s’attarde pas trop au décor, ces améliorations donnent espoir. Aussi, bien que les missions soient désormais plus axées sur l’infiltration, on sent que les combats, représentant un meilleur défi, suffisent à offrir au joueur une perspective intéressante pour les futurs Assassin’s Creed. Arno est très alerte aux commandes, qu’il s’engage dans un combat à deux ou à plusieurs, il répond toujours à l’appel des doigts du joueur qui se démènent pour mener à terme chaque bataille. Dommage que la caméra vienne un peu trop souvent tout gâcher les efforts du joueur à rester en vie. Autre belle addition dans Unity est le système de personnalisation du héros et de mise à niveau de son équipement. Le système demeure simpliste pour l’instant, mais il est le bienvenu dans une série qui a un besoin grandissant  de nouveautés plus les jeux se succèdent.

assassin's creed unity 3En plus de se retrouver dans un splendide environnement, le joueur pourra s’enrôler dans plusieurs tâches secondaires, dont des missions qu’il pourra effectuer, s’il le souhaite, en coopération avec d’autres joueurs. Il est à souligner que le système de multijoueur vaut la peine d’être expérimenté dans la mesure où il n’est pas davantage buggé que la campagne en mode solo. Le jeu dans son ensemble, reste à peu près le même, mais le niveau de plaisir augmente. Plus on est de fous plus on rit, et dans le cas du mode coopératif d’Assassin’s Creed Unity c’est tout à fait vrai. La série aura avantage à exploiter cette branche dans l’avenir avec du DLC pour tous les goûts. Peut-être même développer une campagne dans ce mode serait bien reçu. Le degré de difficulté des missions est suffisamment élevé pour justifier l’ajout de collègues assassins.Ultimement, en mode solo, dans l’univers architectural plus que réussi d’Assassin’s Creed Unity, la campagne principale s’achèvera en un peu plus de dix heures pour les habitués de cette série. Pour les néophytes, environ quinze heures de jeu vous seront nécessaires pour parvenir à finir le jeu. Il s’agit de la durée de vie à laquelle nous a accoutumé Ubisoft avec sa franchise. Si le courage vous en dit, en ajoutant à votre expérience tout le contenu secondaire et celui du multijoueur, vous pourrez étendre votre temps de jeu jusqu’à une cinquantaine d’heures. Dans de meilleures circonstances, on aurait parlé d’une excellente durée de vie. Malheureusement, dans le cas qui nous concerne, avec entre les mains un jeu qui manque cruellement de polissage, il est difficile d’envisager que le joueur s’intéressera à étendre son expérience de jeu au-delà de la campagne principale. Surtout pour les fans d’Assassin’s Creed, qui pourraient se sentir bafoués par une histoire qui se justifie difficilement auprès du public. Le volet Unity est donc une grande déception. Qui plus est, les demandes des joueurs envers Ubisoft, et sa série fétiche étaient tristement, il va sans dire, beaucoup plus élevées que ce que le géant de l’industrie leur a offert en terme de produit « fini ».

En conclusion:

13/20 Graphismes: Sublime! Toutefois, Arno ne doit pas trop bouger sinon on perd énormément de la qualité de l’image. Les bugs deviennent plus que présents. D’ailleurs le jeu ne tourne quasiment jamais à 30 FPS comme Ubisoft en a fièrement fait la promotion pendant plusieurs mois. Sur toutes les plates-formes, le jeu doit tourner à une moyenne approximative de 25 FPS. Sur PS4, le jeu peut parfois même atteindre des bas fonds de 15-17 FPS. Dommage, car autrement, Unity aurait pu se voir accorder une note presque parfaite à ce niveau. Malheureusement, ce manque de finition est inacceptable et frustrant  d’un point de vue visuel.

14/20 Bande-son: Encore une fois une multitude de ruptures. À moindre échelle en comparaison à l’image, il va sans dire. Bonne ambiance sonore et trame musicale acceptable.

9/20 Scénario: Avec autant de coupures scénaristiques, disons-le honnêtement, les développeurs auraient sans doute pu envisager de rebaptiser la série au complet. Remarquez que c’est tout à l’avantage des néophytes qui pourront débuter le jeu sans trop de problèmes avec un scénario potable. Aussi, Ubisoft en faisant la promotion d’un jeu aux nombreux aspects éducatifs a commis une grave erreur. En mettant cette machine publicitaire en marche, l’éditeur-développeur en livrant sa marchandise avait une responsabilité beaucoup plus grande que celle du simple divertissement. En effet, ce géant du jeu vidéo se rendait également responsable de l’éducation de plusieurs joueurs. À ne plus refaire à l’avenir s’il ne peut supporter le poids d’une telle action.

13/20  Jouabilité: Très bonne jouabilité, tristement cette jouabilité se voit être gâchée par tous les bugs constants, les crashs, la caméra instable et le temps de téléchargement interminable entre les missions, les cinématiques et les morts d’Arno.

14/20 Durée de vie: Très bonne durée de vie si le joueur ne se décourage pas avant de tenter sa chance en mode coop ou de s’aventurer dans les tâches secondaires du jeu.

14/20 Multijoueur: Tel que précisé plus haut, il est question du même jeu ou à peu près, avec tous ses défauts, mais le tout se tolère beaucoup mieux avec d’autres joueurs.

A propos de l'auteur:

Je suis un GAMER Québécois fier et un auteur passionné. J’ai publié mon premier roman, Pigeon sur rue, en mars 2014 aux éditions Des Immortels au Québec. Étant un travailleur infatigable et imaginatif, je travaille déjà à la rédaction d’un deuxième récit. Mes temps libres se composent de mes enfants et lorsqu'ils dorment c'est ma console Xbox one qui prend le relais.

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9 Commentaires

  1. Millencolin182 16 novembre 2014 à 16 h 01 min

    Cette série me fait penser à celle de resident evil. Il n’y à plus aucun lien entre les jeux, le seul objectif pour ces franchises est de faire du cash. J’ai lâché assassins cash depuis un boute et se n’est pas demain que vais y retourner. Par contre capcom ne vous inquiétez pas vous réussissez encore à me fourrer à tout vos jeux. loll

  2. PrincessZelda 16 novembre 2014 à 16 h 44 min

    se site est nouveau pour moi et je m’y accroche tranquilement, merci

  3. musicninja2 16 novembre 2014 à 17 h 32 min

    This is a really good article! I feel the same when it comes to the AC games, they can get a little repetative and one note. Hopefully they will make an AC game where you can be a ninja! I mean when I think assassin, I think of ninja, not some colonial dude. Anyway, good read!

  4. leroux 16 novembre 2014 à 18 h 20 min

    J’ai pas encore jouer, parce que j’ai pas de console. Mais quand j’ai vu les genre de 12 chapitre different j’etais supris parce les autre assins creed, sa ma pertuber. Tres bonne evaluation de ta par! Je suis nouveau sur ce site aussi alors! Same plait !

  5. Ric God2068 16 novembre 2014 à 18 h 37 min

    Merci beaucoup à tous. C’est agréable de voir que vous avez apprécié. Thanks to all. It feels grat to see you liked it!

  6. Ric God2068 16 novembre 2014 à 18 h 38 min

    great not grat***

  7. Pascal19 16 novembre 2014 à 21 h 19 min

    Excellent article !! Ça fait toujours du bien de lire quelqu’un de pertinent sur la critique de jeu vidéo. Selon moi, la critique est juste et Assassin’s creed Unity est la continuité de la dégringolade du jeu. Dommage !

  8. CheckMoiLBat 17 novembre 2014 à 16 h 18 min

    excellente critique, tout ce qui est dis là est vrai.
    gamingtest.fr et RicGod2068 sont maintenant mes sources numéro uno en matière de jeux vidéo!

  9. Ric God2068 17 novembre 2014 à 23 h 06 min

    merci à tous

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